Le rôle des Grands-Mères ou l’art d’une enfance réussie

Dimanche 1er mars nous fêterons les Grands-Mères. S’il s’agit certes d’une fête à l’origine commerciale, celle-ci est de plus en plus entrée dans les habitudes familiales. Et ce parce que nous sommes nombreux à avoir eu, dans nos vies d’enfant, une grand-mère dont le rôle à été déterminant.

Nous allons, aujourd’hui, explorer avec vous les rôles des Grands-mères et la place qu’elles tiennent auprès de leurs petits-enfants. Et pour cela, une fois n’est pas coutume, Les Filles d’Ariane, vont témoigner et se souvenir. Attention, vague de tendresse à l’horizon !

Une Grand-Mère, qu’est ce que c’est ?

Voilà bien une question qui parait simple au premier abord. Une grand-mère, c’est d’abord et avant tout la mère de l’un de nos parents. Une femme plus âgée et proche ou déjà à la retraite.

Hum… A la réflexion, c’est peut-être un peu plus compliqué que cela. D’abord parce que certaines grands-mères n’ont aucun lien de sang ou d’adoption avec leurs petits-enfants. Ensuite parce qu’un lien de filiation ne suffit pas à expliquer pourquoi ces femmes ont tant marqué nos vies.

Dans ce cas, observons leurs rôles pour mieux comprendre ce qu’est une grand-mère.

Un rôle « d’auxiliaire parental »

Comme beaucoup de rôles dans la vie, on ne naît pas Grand-mère, on le devient.

Tout commence pendant la grossesse où la future Mamie commence à prendre sa place et à apprendre son rôle. Elle commence alors un tout nouvel apprentissage : le funambulisme. Riche de son expérience, elle est la plus à même de conseiller et de rassurer. Et pourtant, ce n’est pas toujours apprécié. Elle découvre alors que désormais son rôle devra osciller entre partage de savoir et laisser-faire.

Et pourtant, sa présence sera très rapidement requise par les parents ! Quoi de mieux, en effet, qu’une personne expérimentée et disponible pour gérer certains tracas quotidiens comme les jours sans nourrice ou les maladies infantiles ? Grippe, bronchite, conjonctivite, rougeole… Aucun microbe ou virus n’a résisté à Mamie O, la Grand-Mère de Mathilde.

« Couchée dans le lit de Mamie, je la regardais ouvrir grand ses rideaux puis ses fenêtres même en plein hiver. Il fallait chasser les microbes m’expliquait-elle pendant que je me recroquevillais sous les couvertures. Et pour retrouver un peu de chaleur, j’avais toujours droit à un chocolat chaud. J’ai adoré être malade chez Mamie. J’avais l’impression d’être dans un monde tout neuf et entourée de chaleur.

Il est souvent arrivé qu’elle nous garde mon petit frère et moi. Je me souviens de Mamie venant me chercher à l’école. On rentrait à pied à la maison, on s’arrêtait à la boulangerie et j’avais droit au croûton encore chaud. C’est resté ma partie préférée d’une baguette. « 

Le saviez-vous ? Selon deux études publiées dans la revue Current Biology en février 2019 ont démontré que les Grands-Mères du XVIIIe et XIXe siècle vivant à proximité de leurs familles augmentaient les chances de survie de leurs petits-enfants de 30%.

Un rejet du rôle éducatif

A cheval entre quotidien et moments privilégiés, les grands-mères sont particulièrement mise à contribution au moment des vacances.

« J’aimais bien  y aller. Je me sentais comme une petite princesse. Ce n’est pas que j’étais pourrie gâtée, c’est que je me sentais attendue. Mes grands-parents faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour nous faire plaisir »

Tous les grands-parents vous le diront, ils ne sont pas là pour punir, contrôler ou éduquer. Leur rôle (et leur bonheur) tient en un seul mot : Liberté.

« Ce qui me reviens en premier lorsque j’évoque ma relation à ma grand-mère pendant mon enfance ce sont les vacances. Que ce soit les grandes vacances ou les petites, nous les passions chez mes grands-parents. Pour nous, c’était la liberté. Mon frère et moi y retrouvions nos cousins et cousines pour un seul objectif : jouer ! On commençait dès le levé pour ne s’arrêter qu’une fois le soleil couché. Comme le jardin était très grand, nous ne nous marchions pas sur les pieds. Et si nous n’avions pas envie de revenir à la maison déjeuner, Mamie nous apportait un pique nique. La seule règle que nous avions à respecter c’était ne pas nous mettre en danger. J’ai eu une enfance fabuleuse et libre parce que chez Mamie tout était possible. »

La transmission du savoir

Équilibristes de qualité, les grands-parents n’éduquent pas mais transmettent. Libérées de rôles porteurs d’autorité, les grands-mères ont également le temps de faire avec l’enfant et ce dans une relation complice.

« Ma grand-mère m’apprenait des tours de magie avec des cartes. C’est elle qui m’a appris à aimer les jeux de société. On jouait aussi à cache-cache. Je me cachais sous sa machine à coudre Singer. Elle en profitait aussi pour m’apprendre à tricoter. » se souvient Christèle.

Tous ces moments de jeux, de partages sont également l’occasion d’enseigner des savoir-faire, des gestes.

« Les soirs d’hiver, elle nous apprenait, à mon cousin, ma cousine et moi, à tricoter. On perdait nos mailles, faisions des trous et la regardions réparer nos bêtises avec le sourire. Elle a même essayer de m’apprendre à coudre. Le résultat n’était pas transcendant mais j’ai aimé ce moment passé avec elle. » raconte Mathilde

Le récit familial

Ces moments particuliers permettent également la transmission de la mémoire familiale.

« Quand j’ai grandit, Mamie s’est mis à me raconter l’histoire de la famille, les caractères de ses parents, de son oncle qui est mort de la tuberculose, de ses grands-parents, de sa maison qui a été construite par mon arrière-grand-père avec son père et ses frères. Je sais maintenant que j’appartiens à une lignée de gens bien. Dans les moments de doute ou de douleur, je me souviens de ce par quoi ils sont passés et qu’il ont surmontés et je me dis que comme je tiens d’eux, je vais également m’en sortir. C’est une pensée qui me garde debout. » témoigne Mathilde

A travers ce récit, chaque enfant est lié à la petite histoire familiale mais également la grande Histoire collective. Un moyen de le faire devenir l’un des maillon d’une chaîne bien plus vaste. Cela participe aussi bien à son développement psychologique qu’à son inclusion comme membre à part entière de la famille. Ainsi, les grands-mères ne font pas qu’enseigner le tricot mais tissent avec leurs petit-enfants le fil de la famille.

Un rôle primordial et intemporel

Vous l’aurez compris, le rôle d’une grande-mère est bien difficile à définir. Il est pourtant primordial dans le développement de l’enfant et dans celui des relations entre les membres d’une famille.

Il est d’ailleurs,possible de faire remonter l’apparition du rôle de grand-parent au Paléolithique. La fin de la dernière ère glacière a rendu plus facile la survie des homo sapiens. Ceux-ci ont donc commencé à vivre plus longtemps. Et cet allongement de la vie a eu de nombreuses conséquences.

D’une part la présence de grands-parents, en participant aux tâches quotidiennes, ont permis l’accroissement de la population. Plus de nourriture = plus d’enfants ! Sans compter qu’avec eux, les petits étaient plus en sécurité !

D’autre part, leurs présences, et leurs histoires, permettaient également à chacun de trouver sa place dans une organisation sociale plus complexe.

A ceci il faut, encore une fois, ajouter la transmission des connaissances. La répétition des gestes étant le meilleur moyen d’apprendre, une présence continuelle aux côtés des plus petits permettaient une apprentissage plus complet et plus divers des règles et gestes indispensables à leur survie.

Un dernier point encore, il a été prouvé par Adam Powel, de l’University College de Londres, que l’augmentation de la densité de la population ont encouragé le développement de réseaux commerciaux au long court, de coopérations humaines complexes ainsi que de l’art.

Bonne fête à toutes les Grands-Mères, Mamies, Mamounettes ou Oma !

Merci à vous toutes pour les moments de complicité et d’affection passés et à venir !

Comme le dit Christèle :

« J’espère être comme ça, être là pour mes petit-enfants, 100% présente pour eux, faire avec eux et profitez d’eux ! »

Sur ce, l’auteure de ces lignes vous quitte pour aller téléphoner à sa Mamie O et lui dire combien elle l’aime.

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