La stratégie Vieillir en bonne santé du gouvernement

Au mois de Janvier, le gouvernement Français, représenté par Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, a annoncé les grandes lignes de son nouveau plan « Vieillir en bonne santé ».

Avec l’accélération de l’information, celui-ci est resté relativement dans l’ombre. Les Filles d’Ariane ont donc décidé de se pencher sur la question afin d’y voir un peu plus clair.

La stratégie « Vieillir en bonne santé », qu’est ce que c’est ?

Partant du constat du vieillissement de la population, Madame Agnès Buzin précise que :

« Une idée reçue voudrait que la dépendance soit un corollaire du vieillissement. C’est faux, la perte d’autonomie n’est pas une fatalité, la perte d’autonomie n’est pas un âge de la vie. […] Il n’y a pas de fatalité: cela veut dire que nous pouvons agir. Que nous pouvons mettre en place des stratégies pour repousser les limites de l’autonomie le plus loin possible. La société de la longévité que nous construisons doit être une société de la longévité en bonne santé, et donc une société de la prévention, parce que c’est à ce prix que le vieillissement sera une chance et non un fardeau. »

Et c’est bien là l’objectif : déployer la prévention à tous les âges pour préserver l’autonomie des aînés le plus longtemps possible. Pour que la perte d’autonomie des personnes âgées devienne une exception. Un programme ambitieux qui va progressivement se mettre en place d’ici 2022.

Pour cela, le gouvernement a définit 3 axes majeurs que nous allons développer (et résumer) tout de suite.

Axe 1 : Faire la promotion de la prévention et ce tout au long de la vie

Tous les professionnels font le même constat : préserver sa santé tout au long de sa vie protège de la perte d’autonomie.

Voilà pourquoi le Ministère des Solidarités et de la Santé propose de renforcer la prévention à deux moments clefs de la vie d’adulte : l’arrivée aux 40-45 ans et le passage à la retraite.

Dans cet objectif, nous retenons deux mesures qui nous paraissent pertinentes :

  • Une application d’autoévaluation.

Déployée fin 2020, cette application aura pour objectif d’accompagner et conseiller les utilisateurs dans l’adoption de comportements plus sains? Et ce en prenant en compte leurs habitudes de vie : meilleure alimentation, activité physique, entraînement cognitif…

  • Le rendez vous de prévention au moment du départ en retraite

Le départ à la retraite étant le moment idéal pour changer ses habitudes, chaque nouveau retraité aura l’occasion de consulter un professionnel de santé. Priorité aux personnes en situation socio-économique précaire ou éloignées du système de santé ! Celui-ci proposera une approche globale pour évaluer et préserver la mobilité, la nutrition, les fonctions sensorielles, l’état psycho-social et les fonctions cognitives.

Axe 2 : Agir sur les facteurs accélérant la perte d’autonomie dès 70 ans.

Le gouvernement à mis en lumière quelques points sur lesquels travailler :

  • La détection plus précoce de la fragilité (sur ce point nous vous recommandons la lecture de notre excellent 😉 article Trucs et astuces pour lutter contre la fragilité)
  • La lutte contre les causes de la dépendance comme les chutes, l’isolement…
  • Et le rôle primordial de la médecine

Dépister la Fragilité

Pour ce faire, un programme de dépistage de la fragilité va être expérimenté.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis au point un programme pour prévenir la fragilité et l’entrée en dépendance : Le programme ICOPE (Integrated Care for Older People).

A l’aide d’une application numérique, les professionnels de l’aide et de l’accompagnement des personnes âgées seront en mesure d’évaluer les « capacités intrinsèques » d’un senior en dévenir. C’est à dire ses facultés motrices, cognitives sensorielles ainsi que son état psychologique, son potentiel isolement et la qualité de son alimentation. Autant de facteurs qui, je le rappelle, sont les points d’alerte de la fragilité. Cette démarche permettra de recommander des évolutions dans les comportements individuels comme des changements de régime alimentaire ou la prescription d’une activité physique adaptée par exemple.

Adapter les logements et lutter contre l’isolement

Afin de mener à bien cette mission, le gouvernement propose :

  • Soutien de l’accès à l’adaptation du logement.

Pour bien vieillir à domicile, le gouvernement souhaite développer les moyens d’accès aux diagnostics gratuits ou à prix réduits des logements. Et ce afin de les adapter au mieux et le plus tôt possible.

  • Diffusion massive des offres de soutien à l’adaptation des logements.

Il s’agit là de communiquer massivement auprès de professionnels sur une nouvelle aide financière mise en place récemment. Elle peut être accordée aux ménages qui souhaitent faire des travaux dans leurs salles de bain. Pour en savoir plus, cliquez ici.

  • Appui aux initiatives locales favorisant la lutte contre l’isolement des personnes âgées.

Cet appui aux territoires pourra être financier ou sous forme d’accompagnement à la conduite de projet.

C’est dans ce cadre que le label « Villes amies des aînés » va être développé. Les collectivités territoriales pourront également s’appuyer sur une mobilisation des jeunes en service national universel ou en service civique.

Le rôle de la Médecine

Pour compléter le panel, l’angle médical va être développé. Voici de quelle manière :

  • Un investissement pour atteindre l’objectif « zéro passage aux urgences ».

Cette mesure vise les personnes dépendantes depuis 5 ans et plus. Il s’agit de favoriser les admissions directes des personnes âgées dans les hôpitaux sans passer par la case urgences. Et pour cela, le gouvernement prévoit d’investir 175 Millions d’euros.

  • Une campagne pour promouvoir le 100% santé.

Le 100% santé c’est la promesse gouvernementale d’une couverture totale et complète pour les besoins de lunettes, dentaires ou auditifs. Pour en savoir plus, rendez vous sur le site de la Sécurité Sociale.

  • L’expérimentation d’un autotest de dépistage du déficit auditif sous forme d’application dès 2020.
  • Des repères pour dépister les troubles de la vision spécifique au vieillissement.
  • L’adaptation du dispositif « VigilanS » pour la prévention du suicide des personnes âgées.

Axe 3 : La préservation de l’autonomie au cœur des préoccupations des professionnels

Le gouvernement souhaite placer la prévention au cœur des priorités des professionnels de santé qui interviennent auprès des seniors.

Pour cela, il propose 4 mesures :

  • Introduire des critères de prévention de la dépendance dans les certifications des établissements de santé en 2020.
  • Prendre en compte les bonnes pratiques de la prévention dans la tarification des services d’urgences des établissements de santé en 2021.
  • Un financement de 15 millions d’euros pour des actions de prévention dans les EHPAD.
  • De nouveaux outils pour échanger entre médecin et patient afin de diminuer la prescription de médicaments.

Il s’agit là, à n’en pas douter, d’un programme ambitieux et multi-domaines dans lequel nous avons tous notre rôle à jouer.

Nous laisserons le mot de la fin à Madame Buzyn qui a très bien résumé les missions de ce nouveau programme « Vieillir en bonne santé ».

« S’agissant de la stratégie elle-même, je voudrais simplement insister sur trois messages-clés.

Le premier, c’est que protéger sa santé grâce à la prévention, c’est protéger son autonomie à long terme.Je le dis et le répète: la dépendance n’est pas une fatalité.

En se protégeant des maladies comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité, l’insuffisance respiratoire, on maximise ses chances d’être autonome à long terme.

Et ces pathologies sont liées aux déterminants de santé connus : tabac, alcool, nutrition inadaptée, activité physique insuffisante et comportement sédentaire »

Si vous souhaitez en savoir plus sur la stratégie « Veillir en bonne santé », cliquez sur ce lien.

Retrouvez nous sur notre page Facebook Les Filles d’Ariane SARL.

Scroll